Dans un monde où tout est digitalisé, Mathieu Poplimont, fondateur du site Le Sport Business, a fait le pari de lancer un magazine dédié au marketing du sport. Un pari osé mais après tout qui n’aime pas lire un magazine de qualité avec des contenus de fond et des entretiens exclusifs ? Entretien avec cet entrepreneur qui a fait de sa passion du sport son métier.

 

Bonjour Mathieu, tu es le fondateur du site et du magazine Le Sport Business. Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel dans le milieu du sport ?

Je m’appelle Mathieu Poplimont, j’ai 29 ans et j’habite dans le sud de la France depuis quelques mois. J’ai eu la chance de vivre plusieurs années à l’étranger quand j’étais plus jeune. J’ai habité pendant 6 ans aux Emirats Arabes Unis, c’était une expérience très enrichissante. Mes parents n’étaient pas ambassadeurs ou dans le pétrole mais mon père était artisan coiffeur. Mes parents ont été pendant 15 ans les seuls artisans coiffeurs indépendants français installés aux Emirats. Rien ne me destinait à bosser dans le monde du sport et de la communication.

Depuis tout petit, j’étais passionné par l’actualité, par les médias, par le sport, par le monde de l’entreprise, mais je n’avais aucun contact dans ce domaine. J’ai commencé mon parcours professionnel par des stages dans des régies publicitaires digitales. Ensuite, j’ai bossé dans une agence événementielle, dans une fédération sportive, une équipe cycliste pro et je dois dire que toutes ces portes se sont ouvertes notamment grâce au site web que j’ai créé en 2013, lesportbuissiness.com. C’était un petit blog mais qui m’a permis de rencontrer beaucoup d’acteurs, d’échanger avec des professionnels, de me faire inviter sur des opérations. Cela m’a beaucoup aidé.

 

Peux-tu nous parler de Le Sport Business, le magazine papier que tu viens de lancer sur le marketing du sport ?

Le magazine est tout nouveau, il est sorti le 15 janvier.  C’est un magazine que j’ai imaginé esthétique, professionnel. C’est quelque chose qui doit être agréable à consulter. Je pense que cela se ressent dans la mise en page et dans la maquette.

J’avais envie de rassembler tous les acteurs du secteur quels que soient leurs métiers. Je voulais mettre en avant des gens qui sont dans le sport. Cela peut être un chef d’entreprise comme avec l’article sur Direct Energie, une journaliste  comme Anne-Laure Bonnet, un responsable de sponsoring comme Ludovic Dumas qui travaille pour Renault, une marque comme le Coq Sportif. Je voulais mettre en avant tous ceux qui sont dans l’industrie du sport, mais souvent dans l’ombre.

J’avais envie de rassembler tous les acteurs du secteur quels que soient leurs métiers.

Le magazine sortira tous les 2 mois, pour commencer. Je suis seul dans cette aventure, avec mon culot et ma motivation. Si on est motivé, si on a du culot, si on est professionnel dans son attitude, on peut faire des choses intéressantes et de qualité.

 

Comment faire pour s’abonner au magazine ?

J’ai privilégié l’abonnement en ligne mais il y a évidemment la possibilité de régler par chèque pour les gens qui préfèrent ce moyen de paiement.

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Qu’est ce qui t’as poussé à lancer un magazine alors que de nos jours tout est digitalisé ?

C’est vrai que cela peut sembler fou de vouloir lancer un magazine papier en 2018.

Sur internet, on consomme de l’information en vitesse, en diagonale, on passe vite à autre chose. Ce n’est pas très agréable et j’aimais bien l’idée du magazine papier

Certains professionnels me l’ont dit mais je suis convaincu que le papier n’est pas mort. C’est un support de qualité, c’est quelque chose que l’on peut avoir entre les mains, que l’on peut sentir. On peut le consulter, le poser, le reprendre. La durée de vie est beaucoup plus longue que la consommation d’informations sur internet. On voit et on utilise du papier tous les jours.

Sur internet, on consomme de l’information en vitesse, en diagonale, on passe vite à autre chose. Ce n’est pas très agréable et j’aimais bien l’idée du magazine papier pour parler de sport business.

Le tarif est abordable pour les professionnels. Il y a aussi une formule pour les étudiants. Je me suis dit que lorsque j’étais étudiant il y a quelques années, j’aurais bien aimé avoir un magazine comme ça entre les mains.

 

Quels sont les tarifs pour les étudiants et les professionnels?

La formule est sur 7 numéros papier et en version digitale:

  • 40 euros HT pour les étudiants
  • 70 HT pour les professionnels
  • 85 HT  avec une formule pour soutenir le projet

 

Tu as fait un teasing vidéo avant de lancer le magazine, quelle importance cela a pour toi d’utiliser la vidéo pour promouvoir ton magazine ?

La vidéo doit être un complément au papier et au numérique. J’ai essayé de faire un format très court, la bande-annonce durait 1min30. Je voulais un lieu emblématique et qui soit d’actualité. La U Arena, c’était parfait.

Il y a eu plusieurs démarches pour avoir l’autorisation de tourner et pour l’anecdote, j’avais pris un premier rdv  avec les responsables du Racing et le jour du rdv, il y avait des camions partout et plein de gens qui circulaient. En fait, ce jour là, le concert de Stars 80 était organisé. Le terrain était envahi, il faisait noir, c’était impossible de filmer et malheureusement la personne du Racing avait oublié de me le dire.

On a réussi à fixer un nouveau rdv et la vidéo a été mise en ligne une semaine après. Mais ça a été beaucoup de mails, de coups de téléphone pour le tournage de la bande annonce et la rédaction des articles. C’est long travail de réseau. Je remercie ces personnes qui m’ont fait confiance et ont cru dans le projet. C’est compliqué d’obtenir un rdv avec une grosse entreprise tant que le magazine n’est pas sorti. Maintenant  j’espère que les gens vont s’abonner et que les annonceurs vont suivre.

 

Quelles sont les étapes de création et de lancement d’un magazine ?

Je les ai découvert au fil des jours. J’avais par mes expériences l’habitude de tout ce qui touche à la communication, au graphisme sans avoir cette compétence technique mais j’avais une idée de ce qui pouvait être efficace visuellement. Il a fallu faire appel à une graphiste freelance car travailler avec une agence était inabordable. Elle m’a fait des propositions de logos, de maquette. On a corrigé des choses.

Faire des devis chez des imprimeurs, avec l’objectif que ce ne soit pas trop cher mais que le papier soit de qualité. Je voulais un beau produit qui ne ressemble pas à un magazine municipal ou de supermarché. J’ai trouvé des partenaires qui étaient prêts mettre en avant leur marque pour que cela crédibilise le produit.

 

Tu as un site web, lesportbuisiness.com, et un magazine. En quoi les deux supports de communication, digital et print, se complètent-ils?

La version web, ce sont des informations sur le secteur qui se lisent rapidement. On n’a pas besoin d’être « concentré ». Je voulais aller plus loin et proposer quelque chose de premium et le papier s’y prête bien. Il y avait surtout une place à prendre sur ce créneau, il y avait quelque chose à faire. Sur internet, on va lire des brèves, des petites informations et sur le papier on va aller un peu plus loin avec des photos et des entretiens exclusifs.

 

Cela fait 4 ans que tu animes lesportbuisiness.com, est ce que tu pourrais citer les plus belles interviews que tu as fait ou évènement auxquels tu as assisté grâce à ton site?

J’ai fait plus de 60 interviews en 4 ans. J’avais bien aimé parler avec Robert Pires ou encore avec le speaker du Parc des Princes, Michel Montana. C’est la voix que j’adorais entendre lorsque j’étais gamin. Alexis Vastine aussi, qui est malheureusement décédé. Il était super agréable et disponible. C’est le moment où il venait de reprendre l’entraînement. Alexandre Ruiz de Bein Sport également : le cadre de l’interview était marrant, c’était pendant la mi-temps d’un match de série A et je l’avais interviewé carrément sur le plateau du Club du Dimanche. Il y avait le public autour de nous en train de regarder le match et je lui posais des questions.

Pour le magazine, j’ai beaucoup aimé discuter avec Anne-Laure Bonnet de Bein Sport. Je lui ai parlé du projet et elle a trouvé ça super intéressant.

Pour le magazine, j’ai beaucoup aimé discuter avec Anne-Laure Bonnet de Bein Sport. Je lui ai parlé du projet et elle a trouvé ça super intéressant. Elle m’a encouragé, m’a dit qu’il fallait foncer que c’était une bonne idée. C’est quelqu’un de très pro dans son travail. Après avoir raccroché, c’est bête, mais j’étais remotivé.

 

Pour convaincre les annonceurs qu’ils ne devraient pas abandonner le print, que leur dirais-tu ?

Le papier reste un support de qualité, impactant, qu’on garde en mémoire.

Les annonceurs ont tout intérêt à être valorisés aux côtés de grands acteurs, de professionnels et d’athlètes.

Pour accompagner ces annonceurs, il y a une maquette de qualité, de belles photos, un bon contenu. Les annonceurs ont tout intérêt à être valorisés aux côtés de grands acteurs, de professionnels et d’athlètes. Effectivement, les ventes de journaux sont en recul, on le voit avec les grands titres mais sur une thématique précise, BtoB, il y a un créneau et le public est demandeur.

La vidéo a une importance majeure sur le web. Penses-tu qu’un jour les clubs n’auront plus besoin de sites web et ne communiqueront plus qu’avec les réseaux sociaux ?

Je ne le pense pas car c’est important dans la communication d’avoir un site officiel, une vitrine. En complément de ce site, il y a d’autres canaux de communication, les réseaux sociaux, la vidéo. On peut faire beaucoup de choses en vidéo que ce soit sur des formats plus travaillés ou des formats très courts de 30 sec où tu peux faire passer une information, une déclaration, annoncer un événement. Tout est complémentaire: un site web, les réseaux sociaux, la vidéo, le papier. Tout peut profiter à un club ou une marque si c’est bien utilisé.

Je citerais en exemple le nouveau magazine du PSG. La maquette est hyper belle et qu’un club comme le PSG fasse le pari du print, c’est que cela peut fonctionner.  Je ne sais pas où ils en sont au niveau des ventes mais les premiers numéros étaient de qualité. Le magazine s’adresse plutôt aux jeunes, c’est un magazine pour les supporters. D’ailleurs le PSG a eu dans les années 2000 un excellent mag qui s’appelait 100% PSG et qui a existé pendant plusieurs saisons.

Récemment, j’ai vu suivi le lancement d’un magazine papier, Ebdo, qui s’est lancé grâce au financement participatif. Il y a même un site avec une grosse audience, Le Journal des Femmes, qui s’est transformé en print.

Justement, on voit que les clubs ciblent surtout les jeunes, les Millenials sur les réseaux sociaux. On voit souvent sur les sites des clubs des brèves mais on voit peu souvent des articles de fond, des longs contenus, est ce que tu penses que les clubs devraient se lancer là-dessus ?

Sur le web, c’est compliqué de proposer des contenus un peu lourds, ça ne s’y prête pas. Tu ne peux pas demander à un internaute de rester 5 min sur le même contenu écrit. L’internaute veut de la qualité, de l’instantané. Il faut aller vite et droit au but.

 

Dans le monde du sport, les clubs et sportifs deviennent leur propre média. Es-tu d’accord avec cette affirmation ?

Tout à fait, on en parle d’ailleurs dans le magazine avec la FFF. Les médias restent incontournables, on aura toujours besoin de journalistes, d’agences de presse, de sites web, de chaînes. Mais les clubs, les fédérations, les athlètes, à certains moments de leur communication, peuvent se passer de médias classiques.

Les médias restent incontournables, on aura toujours besoin de journalistes, d’agences de presse, de sites web, de chaînes.

Ils peuvent faire des annonces particulières pour être dans le direct, sans avoir besoin de s’exprimer en conférence de presse ou dans une interview.

 

Quel conseil donnerais-tu à un étudiant qui veut travailler dans le secteur du sport et qui se dit qu’il n’a aucun réseau et à qui on dit que le sport est un monde très fermé?

Je vais dire une phrase un peu bateau mais il faut croire en ses rêves, tout simplement. Parce que pour moi, ce magazine, le fait de rencontrer des professionnels du sport, de la communication, c’était un peu un rêve de gamin et jamais je n’aurais cru que ce serait possible.

Il faut croire en ses rêves

Il faut être tenace, avoir beaucoup de culot, ne pas être timide et saisir les moindres occasions. Maintenant avec internet, avec les réseaux sociaux, on peut avoir accès à certains professionnels assez facilement. Il faut avoir le culot de les contacter et de montrer son sérieux.

 

Mon blog s’appelle Champions du digital, qu’est-ce qu’un champion pour toi ?

C’est quelqu’un de courageux, de déterminé, qui  sait ce qu’il veut. Les grands champions sont toujours des gens humbles, à l’écoute et prêts à aider les autres.

L’humilité, je trouve cela très important que cela soit dans le sport ou dans le monde de l’entreprise.

Je fais de la boxe en loisir depuis 6 ans et les champions que j’ai pu côtoyer, que ce soient des professionnels ou des compétiteurs, sont des gens toujours très disponibles. L’humilité, je trouve cela très important que cela soit dans le sport ou dans le monde de l’entreprise. Gravir les échelons et se souvenir d’où l’on vient, c’est pas mal non ?

 

Un grand merci à Mathieu d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Nous lui souhaitons une belle réussite avec son magazine. Et n’oubliez pas de vous y abonner ici.