A l’occasion des conférences Think Football 2019 organisées par News Tank Football , Madame Fatma SAMOURA, Secrétaire Générale de la FIFA a participé au grand débat « Sport au féminin, l’égalité est pour demain ». Une conférence animée par Nathalie Iannetta en présence de Brigitte HENRIQUES et Béatrice BARBUSSE. Dans cette conférence, Madame Fatma SAMOURA évoque l’impact social du développement du football féminin mais aussi l’importance du marketing et de la stratégie FIFA pour susciter l’intérêt autour du football féminin. Entretien.

Comment percevez-vous l’évolution du football féminin sur les 5 dernières années?

Fatma SAMOURA : Je pense qu’en France, comme on l’a évoqué  lors des débats, il y a eu une belle embellie. De 55 000 licenciées on parle aujourd’hui de 160 000 licenciées. Au niveau international, la finale de la Coupe du Monde 2015 a été quelque chose d’inégalé dans le monde du football féminin avec 1 million 350 000 spectateurs et 750 millions de téléspectateurs.

La Secrétaire Générale de la FIFA revient sur les impacts économiques et sociaux de la Coupe du Monde Féminine de football

Grand débat « Sport au féminin, l’égalité est pour demain » avec Brigitte HENRIQUES, Béatrice BARBUSSE et Fatma SAMOURA

Aujourd’hui, nous mettons la barre très haute au niveau de la FIFA avec la Coupe du Monde qui va commencer le 7 juin 2019. On compte vendre autant de billets sinon plus de 1 350 000 mais surtout avoir 1 milliard de téléspectateurs.  Aujourd’hui, le football féminin à l’international c’est une stratégie qui vise à atteindre 60 millions de filles qui joueront au football d’ici 2026. Ce sont des montants et des quotas alloués à toutes les 211 associations membres pour leur permettre de développer les compétitions féminines de toutes catégories. Ce sont également des discussions en cours pour une ligue mondiale de football féminin.

Mais c’est surtout un investissement colossal au niveau de l’administration du football avec des cours dédiés aux administrateurs des associations membres pour leur permettre d’acquérir les compétences pour pouvoir être à un niveau beaucoup plus élevé de gestion . C’est un programme qui vise d’ici 2022 à avoir la moitié des 700 millions d’enfants qui pratiquent le sport mais surtout le football et qui sont là pour comprendre et assimiler toutes les valeurs humaines que le football véhicule en tant que sport planétaire.

En quoi le digital est-il utile dans la stratégie marketing de la FIFA pour créer des ambassadrices du football féminin ?

Fatma SAMOURA : C’est le but visé à travers la création et le lancement de la stratégie du football féminin. C’est utiliser les filles qui ont fait leur temps dans le football et qui ont marqué leur génération pour qu’elles deviennent des sources d’inspiration et surtout des modèles communautaires.

On sait que le football est regardé par la moitié de l’humanité et dans cette moitié de l’humanité, 50%  sont aussi des femmes. On a vu à travers cette célébration du football féminin au niveau de l’élite que cela inspire des millions de jeunes filles.  Quand on parle du football à l’école, on se rend compte que le taux de concentration des enfants est beaucoup plus élevé alors pourquoi ne pas utiliser ce sport également pour pouvoir faire en sorte qu’on vive dans un modèle de société beaucoup plus tolérant en acceptant que le football puisse aussi se conjuguer au féminin.

Fatma Samoura secrétaire générale de la FIFA

Discours d’introduction de Fatma SAMOURA, Secrétaire Générale FIFA lors des conférences Think Football 2019

Quel message voudriez-vous transmettre aux entreprises pour les inciter à sponsoriser le football féminin à l’avenir ? 

Fatma SAMOURA : Je leur dirai d’abord de regarder la prochaine coupe du monde parce que la France sera la capitale mondiale du football du 7 juin au 7 juillet 2019. Mais surtout de voir le niveau de développement technique et tactique qui a été réalisé au cours de ces 10 dernières années. Et surtout de se dire que le football féminin ça peut rapporter parce que 50% de l’humanité est composé par des femmes.

Un grand merci à Madame Fatma SAMOURA d’avoir accepté cette interview.