Le 7 septembre dernier, le Pôle Féminin Rive Droite Bordeaux Métropole a organisé une journée dédiée au football féminin en partenariat avec le Consulat des Etats-Unis d’Amérique de Bordeaux au Stade Galin. A cette occasion j’ai pu échanger avec Jérôme Dauba.

Désormais entraîneur adjoint des U19 féminines de l’Equipe de France et cadre technique au district de la Gironde, Jérôme Dauba nous livre son regard sur le nouveau cap franchi lors de la Coupe du Monde féminine en France.

Bonjour Jérôme, pouvez-vous nous en dire plus sur vos missions actuelles ? 

J’ai pris un poste de cadre technique au sein du district de la Gironde avec comme mission principale le développement du football féminin en particulier et également des missions sur le parcours de performance fédéral pour les jeunes filles et les garçons ainsi que des missions transversales sur la formation des éducateurs, sur le développement des pratiques pour les jeunes footballeurs. En parallèle j’ai une mission au sein du staff de l’équipe de France féminine U19

Quel regard portez-vous sur cette Coupe du Monde féminine qui s’est déroulée en France ? 

Cela a permis de franchir un cap en terme de médiatisation. Des personnes qui ne se sont jamais intéressées au football féminin ont pu voir pour la première fois des matchs et se sont rendues compte que c’était un football très attractif. Les joueuses ont déjà beaucoup plus de crédit par rapport à avant. Il y a eu un engouement qui permet aujourd’hui aux clubs d’accueillir de nouvelles licenciées. En termes d’image et de communication cela a été un franc succès. 

D’une manière générale on a pu voir des matchs de très haut niveau qui ont énormément interpellé des spécialistes du foot des garçons. Ils ont même été surpris par la qualité du jeu. Cela a été une belle vitrine pour le football féminin. 

On a vu des pics d’audience  avec un record lors du match d’ouverture de la Coupe du Monde mais aussi sur d’autres matchs comme la demie finale ou la finale alors que la France n’y était plus représentée…

On a une particularité en France c’est que dès qu’il y a un évènement international, quel qu’il soit, quelle que soit la discipline, il y a toujours un engouement. On l’a vu avec la Coupe du Monde de Rugby, les championnats du monde de handball. Dès qu’il y a une grosse compétition sportive en France, il y a beaucoup d’engouement sur le plan médiatique. Une Coupe du Monde féminine de football en France c’était la première fois et c’était juste extraordinaire d’avoir de tels pics d’audience. On l’a encore vu sur le dernier match de l’équipe de France. On l’a encore vu sur le dernier match de l’équipe de France, il y a encore eu énormément de téléspectateurs. Cela veut dire qu’on est en train de franchir un cap. On entre dans une nouvelle ère. Même si c’est sur une chaîne payante, il y a la diffusion des matchs de D1 féminine et c’est aussi une bonne chose de les mettre en avant sur le plan médiatique. 

Même si l’équipe de France s’est arrêtée en quarts de finale, on voit néanmoins qu’un cap a été franchi…Notamment dans les clubs amateurs, les retours sont assez positifs, même si on attend les chiffres de la FFF pour avoir une idée globale de l’impact sur le nombre de licenciées. Les jeunes s’identifient aux joueuses de l’équipe de France.

Jusqu’à présent il y avait des jeunes filles qui avaient envie de jouer au football mais n’osaient pas franchir le cap par rapport aux garçons. Elles se sont rendues compte que les filles pouvaient jouer au football et jouer ensuite à haut niveau, qu’il y avait un engouement populaire. Les gens n’ont plus du tout le même regard sur le football féminin. Les jeunes filles hésitent moins à se lancer et dès le plus jeune âge. Il y a eu aussi énormément de reportages et de communication sur le football féminin de manière générale. Les familles ont pu se rendre compte qu’il y avait un accueil qui était fait dans les clubs spécialement pour les jeunes filles. Ca c’est une avancée. Le football n’est pas réservé aux garçons, il est maintenant accessible aux jeunes filles. C’est pour ça aussi que les clubs mettent les moyens dans l’accueil des jeunes filles. Il faut qu’on continue à inciter à aller dans cette direction.