Nous avons discuté avec Caroline Ramade de Paris Pionnières. Elle nous a présenté le programme de pré-incubation « Les Sprinteuses » dédié aux entrepreneures qui lancent une startup dans le domaine du sport. Elle évoque également le possible camp de Paris Pionnières et l’importance de proposer un incubateur dédié aux entrepreneures du sport. 

 

Pourquoi avoir appelé ce programme “Les Sprinteuses” ?

L’idée de départ était de faire une métaphore sur l’entrepreneuriat en disant que c’est un sprint, un marathon. Comme c’était une promotion dédiée aux femmes qui créaient leurs startups dans le sport, on trouvait que c’était approprié.

 

Les Sprinteuses est un incubateur spécialisé dans le sport…

On est deux incubateurs partenaires. Il y a un nouvel incubateur sport qui a été ouvert à Paris et qui s’appelle Le Tremplin. Notre incubateur possède la spécialité d’accompagner les femmes très tôt dans leur parcours d’entrepreneuriat. Il faut au moins 1 femme co-fondatrice. On touche à la mixité dans la technologie. Lors de la première année d’existence du Tremplin il y a eu 0 femme. Il y a eu seulement 4 candidatures féminines sur les 100 reçues. Quand ils ont fait l’appel de la promotion, la scène était remplie d’hommes et il n’y avait aucune femme. La Maire de Paris n’était pas contente. Benjamin Carlier, responsable du Tremplin était un peu choqué de la situation. On s’est vu fin 2015 et on s’est pourquoi ne pas monter une promotion thématique sur le volet pré-incubation, c’est à dire accélération avant d’être incubé. Ce sont des startups qui ne sont pas tout à fait matures mais que nous allons amener à maturité. Le principe est donc d’avoir 1 femme co-fondatrice.

 

Pourquoi les femmes ne postulent-elles pas d’elles-mêmes au Tremplin?

C’est un univers très masculin. Quand elles postulent là-bas, c’est un peu intimidant. En plus ils prennent à un stade où il faut être très avancé. Il faut avoir plus de 10 000 utilisateurs. Il faut déjà avoir monté sa boîte. Nous proposons un programme d’accélération pour booster son business, booster son innovation pour passer de 0 à 1 avec les idées, l’étude de marché etc…On va l’amener à lancer sa boîte et faire preuve du concept que ça marche. On veut vraiment qu’il y ait plus de femmes. Il faut être proactif, proposer des programmes très tôt. Il y a moins de 2% de femmes dans l’entrepreneuriat tech-inno. Il faut qu’on communique multicanal : à la fois sur des journaux grand public, à la fois sur des communautés dédiées.

On cherche des startups qui ont déjà réalisé un démarrage et qu’on puisse accélérer

Notre accélérateur est vraiment from scratch. Vous avez une idée, une étude de marché et vous vous lancez. Pour la promotion Les Sprinteuses on cherche des startups qui ont déjà réalisé un démarrage et qu’on puisse accélérer. Elles seront accompagnées par PriceMinister. On va faire en sorte pour les booster qu’il y ait un CTO en interne.

 

Pour présenter une startup au Tremplin combien d’utilisateurs minimum faut-il posséder?

Environ 5000 utilisateurs mais il faut surtout qu’il y ait un business model. C’est sur cela que la startup va être testée. La sélection des dossiers se fait sur cela et sur l’innovation. Ce sont vraiment des projets innovants qui sont sélectionnés. Des choses qui ne se sont pas faites. Par exemple une startup qui va sur un nouveau sport et le traite différemment.

 

Selon vous quelles sont les tendances à suivre dans le sport et le digital en 2017?

Il y a de tout! Il y a des applications qui cartonnent sur le running. Il y a aussi de nouvelles applications sur le RH et le sport. Je n’ai pas une vision globale du marché du sport par contre nous sommes en partenariat avec l’Union Sport & Cycle qui analyse toutes les tendances dans le sport. Par exemple au niveau de la boxe, on avait Sarah Ourahmoune dans la première promotion et qui est devenue marraine du programme. Elle a lancé les gants de boxe connectés avec une application qui permet de faire du training. On a aussi OLY Be qui travaille sur tout ce qui est sport bien être (yoga, pilates etc…) en pratiquant ces sports chez soi ou à proximité de chez soi. Ca peut être un hôtel par exemple mais pas forcément des salles de sport. Ca aussi ça cartonne. Aujourd’hui le sport ça n’est pas seulement du football ou du running. Les femmes sont une des premières cibles de toutes les marques sportives. Par exemple on avait accompagné Revele qui a créé la première marque au féminin de sports de contact comme le rugby. Elles ont fait HEC Entrepreneurs et faisaient partie du club de rugby. Elles ont constaté qu’il y avait 0 fringue pour les femmes. Il fallait s’habiller soit chez les hommes soit chez les enfants.

Les femmes sont une des premières cibles de toutes les marques sportives

Le programme est gratuit, il dure 6 mois et il est sponsorisé par la Française des Jeux. On est en partenariat avec la Mairie de Paris donc ce sont des projets qui sont très visibles. Lors de la Journée de la Femme Digitale, toutes nos startups de la saison 1 ont animé le stand : OLY Be de Gaëlle Frizon de Lamotte, Jungle Fights de Sarah Ourahmoune et MEET X SWEAT de Linda Aït Bouzid pour le networking sportif. Elles ont été visibles, ont fait des tweets sponsorisés donc ça leur a amené beaucoup de trafic. On a aussi témoigné au Women Forum avec la FDJ. Il y a beaucoup d’opportunités dans le cadre de ce programme et on recherche 5 startups. J’aimerais qu’on arrive à booster le nombre de candidatures pour montrer que c’est possible. L’année dernière on en avait eu plus de 35. J’espère que cette année on en aura plus.  

 

Le programme “Les Sprinteuses” est rattaché à votre accélérateur Paris Pionnières…

Tout à fait. Nous sommes spécialisés dans l’accompagnement early stage de startups co-fondées par des femmes. On a suivi plus de 300 startups dont Revele, ZippyPass. Dans le dernier article publié par Forbes sur les entrepreneures à suivre dans le monde du sport on avait 5 startups sur 9 mentionnées qui venaient de chez nous.

 

Pouvez-vous nous parler du “Possible Camp” que vous avez mis en place?

On fait des Possible Camp sous forme de format court très centré sur le projet et qui permet d’aller regarder ce qu’est un business model. Le prochain se déroulera du 26 au 28 avril. C’est un format qu’on va aussi faire au niveau national mais on ne fera qu’une ville en 2018. Après on essaiera de répliquer dans d’autres grandes villes. C’est un format de 3 jours. 20 femmes participent. On aborde le leadership, comment on pitch un projet, le business model, le business plan, le juridique et un atelier sur l’innovation autour du lean startup avec un développeur qui montre comment il faut commencer avec le minimum et qui établit une sorte de road map sur 3 mois de ce qu’il y a aura à faire pour avancer le projet au-delà du Possible Camp. Il y a de nombreux experts qui participent.

 

 

Selon vous qu’est ce qui fait qu’un projet va réussir?

  • Tout d’abord la mentalité, la détermination et le fait que la personne soit à temps plein sur le projet. C’est très important.
  • Avoir bien calculé ses ressources. Est-ce qu’on a de quoi durer 1 an ou 2 avant de pouvoir se payer? Souvent  c’est ce qu’il faut pour pouvoir engranger de l’argent via sa startup.
  • Que le projet soit assez innovant.Il faut qu’il s’adresse à un marché différemment.

 

Y a t-il des réussites d’entrepreneur(e)s que vous donnez en exemple lors de ces programmes d’accélération?

Oui on en a beaucoup puisqu’on a vu passer plus de 300 startups. On a Vide Dressing en e-commerce, Luckyloc.com, Magic Makers pour apprendre le code aux enfants et qui a gagné le prix Madame Figaro, ZipyPass, Revele et Tacante.

 

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait se lancer?

Il faut y aller! Il ne faut pas hésiter à se lancer. Si il y a vraiment de l’envie et que l’idée est bonne, l’important c’est la rapidité d’exécution. Il faut se donner les moyens d’y aller en étant accompagné et en partageant son projet le plus tôt possible et le plus vite possible pour trouver et recruter ses futurs associés, ses employés, ses investisseurs. Il faut parler très tôt de son projet. Un conseil important est celui de se faire accompagner.

Si il y a vraiment de l’envie et que l’idée est bonne, l’important c’est la rapidité d’exécution

 

Qui devrais-je interviewer après vous?  

Gaëlle Frizon de Lamotte fondatrice de OLY Be.

 

 

Merci à Caroline d’avoir répondu à ces questions. Nous souhaitons la meilleure des réussites aux prochaines startups intégrées au programme « Les Sprinteuses »!