A l’occasion des conférences Think Football qui se sont tenues en février dernier à Paris, j’ai eu l’occasion d’échanger avec Stéphanie Perret qui évolue depuis de nombreuses années au service sponsoring de l’ Olympique Lyonnais sous la régie Lagardère Sports. Nous avons discuté des raisons qui incitent les marques à investir dans le football au féminin mais aussi de la place que prend le digital dans le sponsoring. Entretien.

Pouvez-vous vous présenter et expliquer quelles sont vos missions à l’OL ?

Je m’appelle Stéphanie Perret. Depuis un peu plus d’une dizaine d’années, je suis salariée Lagardère Sports à Lyon, qui est la régie commerciale exclusive de l’Olympique Lyonnais.

Je travaille au sein du service sponsoring et je m’occupe de la commercialisation de partenariats, que ce soit pour nos équipes (masculine, féminine, académie) ou encore pour le Stade, avec il est vrai un affect pour la partie sponsoring féminin.

Par rapport à votre mission de recherche de sponsors pour l’équipe féminine, comment avez-vous perçu l’évolution de l’intérêt pour le football féminin, de la part des marques ?

Nous avons à l’Olympique Lyonnais un Président très précurseur sur le football au féminin. Il a toujours souhaité, et c’est une spécificité à l’OL, avoir des sponsors qui soient spécifiques pour l’équipe féminine, et ce dès la création de sa section féminine en 2004. On a beaucoup parlé ce matin (ndlr : lors des conférences Think Tank Football qui se déroulaient le 7 février 2019) de packages sponsoring d’une équipe masculine incluant également les droits marketing de l’équipe féminine associée, mais cela n’a jamais été notre politique :  La volonté de l’OL est d’avoir des sponsors qui souhaitent soutenir spécifiquement notre équipe féminine, comme c’est le cas par exemple d’APRIL, SWORD ou encore VICAT.

En ce qui concerne le sponsoring de l’équipe féminine, quel argument mettez-vous en avant auprès des marques pour les inciter à devenir sponsors ?

Les arguments forts ce sont les valeurs de proximité, de leadership et de performance. Nous avons une équipe qui est multiple championne de France et d’Europe, avec une notoriété qui ne cesse d’augmenter.

Certaines joueuses qui sont en équipe de France sont très présentes sur les réseaux sociaux et ont une communauté importante. Est-ce un argument que vous mettez en avant pour « convaincre » les marques ?

Oui, bien sûr.  On se sert d’abord de nos réseaux sociaux, les réseaux sociaux du club (Facebook, Twitter, Instagram, …) qui vont parler des actualités féminines & masculines. Après, logiquement, ce qui intéresse également les marques c’est l’impact de nos joueuses sur la partie digitale : elles sont devenues de vraies communicantes et influenceuses.

Ce qui est d’autant plus intéressant c’est que nos joueuses ont la conscience et la reconnaissance des partenariats et qu’elles jouent vraiment le jeu. Par exemple, lorsqu’elles vont faire une intervention pour un partenaire, elles vont s’intéresser à qui il est et ce qu’il fait, et en aval elles vont partager des infos/photos de l’opération partenaire sur leurs réseaux sociaux.

Opération OL féminin / April

Comment avez-vous perçu l’évolution du sponsoring par rapport au football féminin mais également masculin depuis que vous avez débuté dans ce milieu ?

Pour l’équipe féminine de l’OL, on avait initialement des sociétés partenaires qui étaient plutôt à dimension régionale ou nationale, et dont les objectifs se situaient principalement dans l’association de valeurs utilisées en interne pour féminiser, dynamiser leur image. 

Il y a eu une véritable évolution ces dernières années : on a désormais des marques internationales qui nous contactent car en plus de vouloir s’identifier aux valeurs de cohésion, performance et de parité que représente notre équipe féminine, elles sont également à la recherche(à l’instar des objectifs de sponsoring d’équipe masculine), de notoriété, visibilité et préférence de marque. 

C’est tout d’abord grâce aux nombreux titres que l’équipe féminine de l’OL acquis ces dernières années, mais aussi grâce au Président Jean-Michel AULAS qui a énormément œuvré pour le développement de notre équipe mais aussi plus généralement pour le développement du football féminin. Et enfin, c’est grâce aux nouveaux droits TV obtenus l’an passé qui permettent une mise en lumière du football féminin et donc de l’OL. 

Vous allez recevoir la finale de la Coupe du Monde féminine le 7 juillet. Qu’est ce que cela représente pour vous ? Pensez-vous que cet évènement va impacter positivement votre recherche de sponsors pour le club et pour l’équipe féminine lors de la saison prochaine ? 

C’est une fierté pour le club de recevoir les deux demi-finales et la finale chez nous au Groupama Stadium, qui plus est le Stade d’une ville qui n’est pas la capitale du pays organisateur. C’est une grande première. 

Au niveau professionnel, je pense que cette Coupe du monde va être un véritable tremplin : De nouvelles marques ont bien compris l’intérêt de communiquer sur le foot au féminin et je suis sûre que ces marques n’ont pas envie de s’arrêter en si bon chemin ! En tout cas, à Lyon, au sein de l’équipe féminine, on sera ravis de pouvoir les accueillir dans cette continuité et écrire avec eux une nouvelle page de l’essor du football.

Crédits photos : Damien LG et R.MOUILLAUD / Le Progrès

Je remercie Stéphanie d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Cet échange était particulièrement intéressant et l’évolution de l’intérêt des marques pour l’équipe féminine de l’OL est assez représentatif de la façon dont les marques pourront s’intéresser au football au féminin à l’avenir : on passe de la notion de valeurs à celle de notoriété par le biais des performances internationales et joueuses « stars » qui deviennent de véritables influenceuses grâce aux réseaux sociaux.