Nous avons eu la chance de rencontrer la journaliste Mélina Boetti, co-fondatrice de Little Miss Soccer, avant son départ pour son tour du globe en compagnie de l’ancienne footballeuse professionnelle Candice Prévost. Elle nous explique pourquoi elles ont eu l’envie de se lancer dans ce projet et nous donne son avis sur l’image du football féminin en France.

 

Simon Lepelletier : Mélina, peux-tu présenter ton parcours de journaliste sportif et ton parcours dans le milieu du football ?

Mélina Boetti : Je suis une ancienne professeur des écoles reconvertie en journaliste depuis 2012. J’ai travaillé au service des sports pour France Télévisions puis pour Eurosport. C’est ce qui nous amène au football féminin, puisqu’à l’époque où j’intègrais Eurosport, cette chaîne obtenait les droits du football féminin.

 

Je suis une ancienne professeur des écoles reconvertie en journaliste depuis 2012

 

En 2014 je participais à l’émission « Femmes2Foot ». Lors de cette émission j’étais en charge de mettre en image la biographie de l’invité. J’ai fini l’expérience « Femmes2Foot » sur la Coupe Du Monde au Canada en 2015 en tant que consultante sur le plateau pour analyser les avants et les après matchs. Aujourd’hui je suis toujours journaliste mais avec ce grand projet qui s’appelle Little Miss Soccer sur lequel je me consacre à temps plein.

 

SL : A quel moment as-tu rencontré Candice Prévost, footballeuse professionnelle passée notamment par le Paris Saint Germain ?

MB :  Tout d’abord ce qu’il faut savoir c’est que je joue au football depuis que j’ai 6 ans. Ensuite j’ai joué avec les filles quand je suis arrivée à l’université avec le Celtic Marseille à 18 ans. J’ai arrêté le football avec Issy Les Moulineaux en Futsal en 2013. C’est donc sur « Femme2Foot » que j’ai rencontré Candice Prévost. Candice qui était commentatrice sur D8 à l’époque où cette chaîne avait acheté les droits de l’Equipe de France Féminine. Elle a basculé sur Eurosport pour tout simplement continuer l’offre où elle commentait l’Euro 2013 en Suède, des matchs de D1, participait à la majorité des émissions « Femmes2Foot » et commentait la Coupe du Monde en 2015 au Canada.

Elle a un gros passé dans la médiatisation du football féminin. Ce qui nous rapproche aussi c’est qu’elle est professeur d’EPS de formation et détachée à l’UNSS. Elle donc un background éducatif, pédagogique qui fait que l’on se retrouve sur ça.


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SL : Quelles sont les actions que vous allez mener à travers votre tour du monde du football avec Little Miss Soccer ?

MB : C’est un projet qui est porté par des valeurs de plaisir, de partage et de tolérance. Le maître mot pour nous c’est l’émancipation des jeunes filles et des femmes à travers le football. Cette émancipation on veut la mettre en image en la filmant de manière thématisée.

La réussite du football ne passe pas que par le fait de devenir une championne

C’est à dire que dans certains pays le football va permettre à des femmes de s’émanciper en sortant de la ghettoïsation ou dans d’autres cela va être pour s’affranchir de la religion qui est souvent omniprésente. L’idée c’est de les filmer mais avec des thématiques sociétales très fortes. A côté de cela je rajouterai « mouiller le maillot » parce qu’on veut aussi être ambassadrices et montrer que la réussite du football ne passe pas que par le fait de devenir une championne.

 

SL : Quelles sont vos attentes dans ce projet ?

MB : Tout d’abord les attentes humaines sont ancrées dans une réciprocité. On veut certes aller à la rencontre de ces jeunes filles et ces femmes pour les faire raconter et les mettre dans la lumière. Mais on veut aussi qu’elles soient curieuses de ce que l’on est. Il faut vraiment que ce soit un échange.

On ne va pas aller voir la star qui va nous accorder 10 minutes à huit clos

On va incarner ces tournages avec une réelle discussion constructive. On veut casser ce schéma descendant où le journaliste n’a rien à donner. En conclusion on va chercher la proximité. C’est à dire que l’on ne va pas aller voir la star qui va nous accorder 10 minutes à huit clos. On préfère aller voir quelqu’un de moins connue mais qui a des choses à revendiquer et qui souhaite les partager.

En termes d’attentes audiovisuelles, l’idée sera de créer une collection mondiale des histoires de vie de ces femmes en vue de la Coupe du Monde 2019 en France. Ensuite l’éducatif prendra le relais afin que l’on puisse mettre en avant les clubs féminins français et tenter les faire se rapprocher des clubs étrangers. Au niveau des valeurs on touche l’universalité du football.

Le football est universel avec différentes facettes et il n’est pas joué de la même façon dans le monde. C’est encore plus vrai chez les filles parce que c’est moins homogénéisé alors que chez les garçons c’est très structuré.

 

SL : La communication digitale sera au cœur du projet Little Miss Soccer. Comment allez-vous procéder pour publier sur votre et sur les réseaux sociaux ?

MB :  Dans la mesure où cette série de documentaires est destinée à être diffusée, on va communiquer les réseaux sociaux à travers des teasers de nos rencontres. Il ne sera rien dévoilé puisque les diffuseurs potentiels ne vont pas acheter nos sujets si tout a déjà été vu sur les réseaux sociaux.

Du coup ce qui sera en ligne c’est notre récit d’aventure et témoigné par nous de manière instantanée.

Mais on a également créé une équipe de 5 personnes de Community Manager qui vont œuvrer chacun sur un réseau social. Enfin on a notre site internet sur lequel on postera les articles, des photos représentatives de chaque pays.

 

SL : Pour terminer, quel regard portes-tu sur l’image du football féminin en France ?

MB : En France, l’image du football féminin est positive. Je pense que depuis la Coupe du Monde de 2011 en Allemagne et les résultats récents de l’équipe de France même si c’est à chaque fois une 4ème place, que cela a porté le football féminin dans les clubs français.

Cela leur a permis d’augmenter le nombre de licenciées, d’augmenter l’intérêt des médias et le nombre de sponsors. Maintenant en sortant d’une compétition comme l’Euro 2017, on est un peu déçu de l’image qui a été donnée. On est en train de vivre un changement de générations et on a vu les « gamines » en U17 qui finissent finalistes. Cette image ne fera donc qu’évoluer et la Coupe du Monde 2019 en France donnera le tempo.  

 

Un grand merci à Mélina Boetti d’avoir accepté de répondre à mes questions. D’après votre communication l’aventure se passe très bien pour vous. Nous continuons à vous suivre à travers les articles, les photos et nous espérons vous voir à votre retour avec de très beaux reportages.

Simon Lepelletier

Simon Lepelletier

Étudiant en Management du Sport à l’ESG Paris, passionné de sport, de digital et d’événementiel, j’ai décidé d’évoluer professionnellement dans ce milieu. Continuellement à l’affût d’informations sportives et de nouveautés.