Nous avons interviewé Frédérique Quentin, responsable sport au féminin et sport de haut niveau FDJ, lors de la présentation du projet #SportPourElles. Elle nous parle du rapprochement avec Sponsorise Me pour financer et médiatiser des projets de sport féminin avec l’objectif de mobiliser pour changer les mentalités. Entretien. 

 

Pouvez-vous nous présenter le projet #SportPourElles financé par la Française des Jeux?

C’est un programme qui a été développé il y a un peu plus d’un an sous l’impulsion de la présidente de la Française des Jeux, Stéphane Pallez. Quand elle est arrivée elle a vraiment eu envie de développer des choses pour la promotion du sport au féminin.

C’est un programme qui s’appuie sur 4 piliers :

  • La promotion de la pratique pour toutes les femmes que ce soit des femmes qui veulent pratiquer en loisir ou en compétition
  • L’accompagnement du sport de haut-niveau, un partenariat avec des fédérations qui développent des programmes de sport au féminin, les fédérations de handball et de basket, mais également la Ligue de Football Professionnel dont nous sommes partenaires, et avec qui nous avons développé cette année un programme à l’occasion de la Journée du Droit des Femmes (le 8 mars). Tous les buts qui ont été marqués dans cette journée de championnat ont été convertis en euros pour financer des projets de football féminin. C’est un projet que l’on a pu développer avec le fond d’action du football. 32 000 euros ont été débloqués pour financer des projets de football féminin
  • Actions sur la médiatisation du sport féminin
  • La mobilisation pour faire changer les mentalités à propos du sport féminin.

 

Que répondez-vous aux personnes qui déclarent que certains sports ne sont pas des « sports de femmes » ?

On n’a pas du tout envie d’entendre ces remarques là car le sport ne doit pas être asexué, toutes les femmes peuvent pratiquer tous les sports et la meilleure preuve c’est ce que des femmes comme Sarah (Ourahmoune) et Estelle (Mossely) ont réalisé aux derniers Jeux Olympiques avec des titres de championnes ou de vice-championnes. Ce sont des performances de haut-niveau. Il y a très peu de disciplines olympiques qui ne sont pas ouvertes aux femmes.lI restait quelques disciplines il y a quelques années comme la perche en athlétisme mais aujourd’hui quasiment tout est ouvert aux femmes.

 

Comment un acteur du sport comme la FDJ se rapproche-t-il d’une startup comme Sponsorise Me ?

L’idée c’est de pouvoir garder un pied avec les actions de terrain. L’idéal en passant par des intermédiaires comme Sponsorise Me, est de pouvoir garder le financement de ces petits porteurs de projets, que ce soit des associations qui développent des projets de sport féminin, ou des sportives qui ne trouveraient jamais de partenaires car elles n’ont pas tout à fait le niveau requis pour décrocher un contrat de sponsoring avec une grosse société. C’est vraiment une situation de gagnant-gagnant car le sportif trouve un partenaire mais en plus il tisse sa communauté.

 

La FDJ s’est déjà engagée concrètement avec la création d’une structure féminine pour son équipe cycliste. Aujourd’hui elle nous présente son engagement avec Sponsorise Me. Quels sont les prochains paliers de développement du sport féminin ?

L’équipe féminine de cyclisme était un incontournable pour nous. On ne peut pas être un acteur du sport, prôner le sport féminin, avoir une équipe cycliste qui fête cette année ses 20 ans, et ne pas être présent dans le cyclisme féminin. Donc on s’est rapproché de cette équipe qui était la seule équipe professionnelle française pour en devenir le sponsor principal. Des leviers de développement on en a plusieurs puisque l’idée c’est de pouvoir servir le sport féminin dans toutes ses facettes. Là où il réside encore beaucoup de travail c’est sur le changement des mentalités et avoir le plus de femmes dans les instances sportives. Il y a très peu de femmes présidentes de fédérations olympiques, il n’y en a qu’une en France. Il faut donc emmener d’autres acteurs en France, car la FDJ ne pourra pas changer tout, tout seul donc c’est vraiment mobiliser pour changer les mentalités.

médiatisation du sport féminin

Est-ce que le numérique est la plateforme idéale pour changer les mentalités que vous mentionnez ?

Oui car on se rend compte que les femmes sont plus présentes sur les réseaux sociaux et notamment dans le sport. Elles savent sans doute mieux raconter les histoires. Il faut se servir de ces plateformes. Il faut se servir de l’innovation car dorénavant le digital est présent dès le plus jeune âge donc il faut se servir de ces canaux d’informations qui sont moins classiques et cela peut avoir un effet boule de neige et amplifier les actions.

 

Un grand merci à Madame Quentin d’avoir accepté de répondre à nos questions. Nous espérons que ce beau projet #SportPourElles aidera de nombreuses femmes à réaliser leurs projets et permettra de franchir un pas dans la médiatisation du sport féminin. 

 

Cédric Mahot

Cédric Mahot

Etudiant en communication, je suis passionné de sport. Mon mémoire de fin d’études observe les pratiques digitales des clubs de Ligue 1 dans un objectif, lier mes deux passions afin de développer une expertise du secteur.